Changes in international lawmaking: actors, processes, impact

For French version, please see below.

In the ideal-type ‘Westphalian system’, international lawmaking took place primarily through international agreements that were initiated, negotiated and concluded by foreign services and then submitted to national legislators for legislative approval and other forms of domestication. International lawmaking, and its national implementation, was relatively easy to comprehend, overlook and control.
Today, even the sheer quantity and detail of new norms emerging from the traditional sources of treaties and international custom make any overview difficult. On top of that, international lawmaking also includes new mechanisms and new actors. A considerable number of international rules are initiated or developed in working bodies of IGOs, in inter-agency networks, by NGOs, corporations or other private entities, or through ‘transgovernmental networks’. Many of these processes do not involve states, and when state consent is required, it is generally diluted.
Further, the domestic impact of international rules is a heterogeneous and diffuse process. Constitutional requirements for legislative approval do not explicitly take into account the diversification and informalisation of international lawmaking. Traditional methods such as incorporation and/or transformation, are complemented by a plethora of mechanisms: actions by domestic agencies; informal incorporation into agency policies of international standards, IGO guidelines or private norms; joint standard-setting between private and public bodies; strategic litigation in domestic or international courts or bodies, etc.
In fact, much of what is going on beyond the national realm may not be adequately labelled ‘international law’ at all, as it is not covered by the traditional sources of international law, just as well as much normative regulation within states may not be legal in the traditional sense. For sure, one may refuse to call such norms ‘law’, but their impact is nevertheless real, and they may arguably be studied with a legal scholar’s tools. While lawmaking has always been a more pluralistic affair than the Westphalian model suggests, the changes are real and force international scholars to reassess their object of study.
These questions lead to broader discussions about how these changes affect the distribution of power and resources globally and within states. They also suggest questions about how we might understand and theorize the global world of norms, about the identity of our discipline and about how we teach it.
The purpose of the conference is to assess these changes in various areas of international law and to examine their effects on international and national regulation, administration and policy, on the structure of international law as well as on our outlook on our field of study.

Les mutations dans la fabrication du droit international: acteurs, processus, impact

Dans le système typique Westphalien, l’adoption de normes internationales se faisait, d’abord, à travers des accords internationaux qui étaient engagés, négociés et conclus entre diplomates pour ensuite être soumis aux législateurs nationaux afin d’être approuvés ou autrement incorporés. Le processus normatif international et sa mise en oeuvre étaient relativement faciles à comprendre, à administrer et à contrôler.
Aujourd’hui, la quantité et le détail des nouvelles normes émergeant des sources traditionnelles telles que les traités ou la coutume internationale rendent tout aperçu sur la matière plus difficile. De plus, le processus normatif implique désormais de nouveaux mécanismes et acteurs. Un nombre considérable de règles internationales sont initiées ou développées au sein d’OIG, de réseaux interorganisations, d’ONG, de sociétés ou autres entités privées, mais également via des “réseaux transgouvernementaux”. Plusieurs de ces processus n’impliquent pas les Etats et quand bien même le consentement étatique est requis, il est, généralement, dilué.
En outre, l’impact domestique des règles internationales est un processus hétérogène et diffus. Les exigences constitutionnelles qui s’appliquent en matière d’adoption de normes internationales en droit interne, ne tiennent pas compte de manière explicite de la diversification et de l’informalisation du processus normatif international. Les méthodes traditionnelles telles que l’incorporation et/ou la transposition sont complétées par une pléthore de mécanismes: l’intervention d’organismes publics; de l’incorporation informelle de standards internationaux dans les pratiques de ces organismes; des directives d’OIG ou des normes privées; de l’élaboration conjointe de standards entre des organismes publics et privés etc.
En effet, une grande partie de ce qui se joue au-delà de la sphère nationale pourrait ne pas être correctement identifié comme relevant du “droit international” car ne relevant pas des sources traditionnelles du droit international, tout comme la réglementation au sein des Etats pourrait ne pas être juridique au sens traditionnel du terme. Il pourrait sembler raisonnable de refuser à de telles normes la qualification de “règle juridique”, mais leur impact est toutefois réel, et elles peuvent sans doute être étudiées avec les outils d’un juriste.
Bien que le processus normatif international ait toujours été une affaire plus pluraliste que ne le suggère le modèle Westphalien, les changements en sont réels et obligent les chercheurs internationaux à réévaluer leur objet d’études.
Ces questions nous amènent vers des discussions plus vastes sur comment ces changements affectent la distribution du pouvoir et des ressources à l’échelle globale et étatique. Il s’agit également de questionner notre manière de comprendre et de théoriser lemonde global des normes, l’identité de notre discipline et comment nous l’enseignons.
L’objectif de cette conférence est d’évaluer ces changements dans des domaines divers du droit international et d’en examiner les effets sur la réglementation nationale et internationale, sur l’administration et la politique, sur la structure du droit international ainsi que sur le regard que nous portons sur notre domaine d’étude.